Shanghai

 
 
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Shanghai est à la fois la plus grande ville de Chine et la plus peuplée où cohabitent tant bien que mal la Chine et l’Occident, le capitalisme matérialiste et le communisme maoïste, une richesse fabuleuse et une misère noire, dans une grande diversité culturelle. D’ailleurs, la ville devint mythique pour sa prospérité, sa modernité, sa richesse culturelle, ses spectacles, sa mode vestimentaire, son intellectualisme à tel point qu’elle fut surnommée “Le Paris de l’Orient”, mais aussi “La putain de l’Orient”.

Pudong by night à Shanghai

Il y a des siècles, la région de Shanghai était recouverte de terres marécageuses. Son premier nom était Hu Du (la crique de Hu), du mot Hu qui désigne “la palissade en bambou utilisée pour la pêche”. Durant la dynastie Song (960-1279), Shanghai poursuivit son expansion avec l’arrivée de nouveaux immigrants qui fuyaient les hordes mongoles au nord, en draguant les voies d’eau marécageuses et en construisant des canaux. En 1074, les autorités gouvernementales accordèrent au village de pêcheurs le statut de “ville commerciale”. En 1292, la région devint un comté dont la capitale fut officiellement nommée Shanghai, qui signifie “au-dessus-de l’eau”.

Avec le développement de la dynastie Ming (1368 – 1644), une grande partie de la région de Shanghai se consacra à la culture du coton et au tissage.

Shanghai se développa jusqu’à devenir une plaque tournante majeure du transport maritime et fluvial, essentiellement pour le commerce de la soie et du thé.

Pendant près d’un siècle, Shanghai fut divisé en enclaves autonomes gouvernées par des puissances étrangères . En effet, les Britanniques y ont implanté leur première concession en 1842, après la signature du traité de Nankin qui mettait fin à la guerre de l’Opium. D’autres puissances soucieuses de se tailler une part du gâteau ont alors décider de s’installer à Shanghai. Français, Nord-Américains et Japonais se sont tous servis, et la ville a été divisée en plusieurs secteurs soumis à des statuts différents. Les étrangers maîtrisant le commerce, Shanghai est rapidement devenue le plus grand port de Chine.

Construite grâce aux profits tirés de la vente de l’opium, la ville s’est d’emblée présentée comme une zone de non-droit où les règles habituelles ne s’appliquaient pas. La convoitise et l’exploitation régnaient sur cette mine prospère mais rebelle où les lupanars voisinaient avec les maisons de jeu et les fumeries.

C’est à Shanghai que le Parti communiste chinois a été fondé en 1921.

Shanghai sera plongée dans la guerre. Le conflit sino-japonais éclate en juillet 1937. Dès le mois suivant, Shanghai se retrouve en plein champ de bataille. Tchang-Kaï-chek, qui avait établi son quartier général à Chongqing, engagea ses meilleures troupes pour défendre Shanghai, mais elles furent défaites en août lors d’une attaque japonaise bien coordonnée. Le Japon imposa alors sa domination sur la ville, sauf sur les concessions française et internationale, qui demeurèrent sous le contrôle des Occidentaux. Après le bombardement de Pearl Harbor en décembre 1941, le Japon s’empara des enclaves étrangères de Shanghai. En 1943, les pays alliés acceptèrent de céder au Kuomintang leurs droits sur les concessions étrangères de Shanghai, alors que ces territoires étaient toujours sous domination japonaise.

Après la reddition du Japon en 1945, le Kuomintang repris le contrôle de Shanghai et son combat contre les communistes. Néanmoins, le Parti communiste s’était considérablement renforcé durant la guerre sino-japonaise et avait réussi à étendre son bastion dans le nord de la Chine. Quittant sa base septentrionale, l’Armée de libération du peuple pris la direction du sud. En mai 1949, elle s’emparait de Shanghai et la “libérait”.

Après avoir libéré Shanghai, les communistes ont voulu faire disparaître les inégalités, mais en condamnant toute notion de capitalisme, ils ont mis un frein au développement de la ville.

Depuis la décennie 1980-1990, Shanghai connaît toutefois un nouveau départ. Véritable capitale économique du pays, elle bénéficie d’une attention particulière de la part des autorités politiques : ces dernières souhaitent en effet qu’elle devienne le symbole de la réussite de la République populaire de Chine.

Aujourd’hui, Shanghai domine le XXIe siècle, et Shanghai domine la Chine.

Shanghai a accueilli en 2010 pendant six mois l’Exposition universelle qui a drainé un nombre record de visiteurs (plus de 73 millions).